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Le poker est un jeu de cartes, mais pas seulement: c'es avant tout une lutte de pouvoir. Autour d'une table, vous aurez toujours des adversaires aux profils psychologique très différents. Deux grandes catégories sont à distinguer le "loose", celui qui joue large, et le "tight", qui joue peu de mains et pratique un poker serré.
Vous l'aurez compris, les deux premiers types de joueurs sont de mauvais exemples pour votre comportement à table. De manière générale, quand vous débutez, jouez serré, quitte à ne jouer que très peu de main. Une moyenne d'une main jouée pour six à sept jetées avant le flop (pour une table de dix joueurs) est raisonnable, même si le temps peut parfois vous paraître long. Mais attention, le jeu de poker ne se déroule pas uniquement quand vous entrez dans une main: au contraire, les observations que vous pourrez faire alors que vous avez rendu vos cartes sont au moins aussi importantes. Les professionnels du poker vous le confirmeront tous: quand vous êtes en dehors d'une main, vous pouvez mieux observer vos adversaires. Quel profil de jeu possèdent-ils? Ont-ils tendance à relancer systématiquement les autres joueurs? Quelle somme mettent-ils pour faire passer un bluff? Quand les coups vont jusqu'au bout, ont-ils tendance à dévoiler des cartes faibles? Jouent-ils des tirages de façon agressive ou passive? Sont-ils "on tilt", agacés d'avoir perdu plusieurs coups à cause de la malchance? Si c'est le cas, ils seront plus faibles psychologiquement et vont jouer trop fort des mains marginales pour tenter de se refaire...
La poker-face : savoir rester impassible autour d'une table, vous êtes au théâtre: à vous de voir quel rôle joue chacun de vos adversaires. Ce que les Anglo-Saxons nomment la poker-face est une réalité: le grand joueur ne montre rien de ses émotions, met entre lui et vous une carapace de neutralité ou, mieux, déjoue vos suppositions en vous induisant vos erreurs. Par instinct, par exemple, un joueur qui bluffe ou qui n'est pas sûr de sa main, ne vous regarde pas dans les yeux. Il regardera plus vers la gauche ou vers le bas, croisera les jambes ou les bougera nerveusement. Vous-même, maîtrisez ce genre d'indications et présentez un regard impassible pour tous les coups en regardant un point fixe totalement hors champ. Ne changez jamais d'attitude selon vos mains, c'est le point le plus important. En général, dans un contexte de casino, les joueurs un tant soit peu habitués au poker jouent à contre-courant: s'ils vous fixent d'un regard dur, c'est qu'ils veulent vous intimider et possèdent une main assez marginale; s'ils ont le regard fuyant, ils possèdent sûrement mieux que vous et veulent vous laisser entrer dans le pot. N'hésitez pas à vous adresser à vos adversaires qui viennent de relancer, avec des questions anodines: "La relance, combien?", "Il vous reste combien de tapis?" ou même "Je paye, ou pas?". Si la voix de votre adversaire est mal assurée, un peu enrouée, il est sûrement en bluff et tremble d'avance qu'il soit suivi. Là encore, tout dépend du niveau du joueur face à vous, le champion étant généralement très difficile à interpréter. Les mains, elles aussi, trahissent: si elles tremblent ou suent, le joueur est dans une situation exceptionnelle, soit il bluffe, soit il possède une main extrêmement forte. Dans les longs tournois, les joueurs adoptent les baladeurs numériques pour que le temps leur semble moins long. Le poker est un jeu de patience où pendant de longues minutes vous ne jouerez aucune main. Pourtant, se couper du monde vous empêche parfois de recueillir de très bonnes informations: discussions entre joueurs, commentaires sur les mains, etc. Dans un premier temps, et surtout en cash-game, restez très attentifs et dressez-vous un profil de chacun des joueurs. N'hésitez d'ailleurs pas à jouer des mains types pour tester les capacités de chacun d'entre eux: un bluff, un semi-bluff, une grosse relance sur une bonne main, des connecteurs, une. relance pré-flop, etc. Voyez comment ils réagissent et comment ils jouent eux aussi ce genre de mains. Ne dévoilez jamais votre jeu, sauf si vous y êtes obligés. Mieux vaut toujours laisser planer le doute après une grasse relance non suivie que de prouver, même à bon escient, qu'on était en bluff ou avec la main gagnante. Montrer sa main, c'est dévoiler sa stratégie de jeu. Parfois, il est tout de même utile de montrer un bluff de sang-froid à un adversaire déjà très énervé contre vous: vous le mettrez on tilt, et il perdra la raison, jouant sans se rendre compte de tous les risques pris. Mais ce type d'action doit être exceptionnel, et avec un but précis, autre que celui de la simple frime.