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Au Texas Hold'em No Limit, un courant de pensée veut que si vous ne pouvez pas relancer pré-flop, vous ne devriez pas jouer la main. C'est la vieille théorie du « Si vous ne pouvez pas relancer, ne jouez pas ».
Fondamentalement, c'est un concept totalement erroné. Dans de nombreuses mains, vous avez intérêt à avoir plusieurs adversaires; si vous avez touché une forte main, plus vous avez d'adversaires, plus il est probable que cela génère de l'action. Des mains comme des petites ou moyennes paires servies et des cartes assorties sont plus efficaces avec plusieurs joueurs qui suivent. C'est pour cela qu'on les surnomme généralement des « volume hands ». Au cours d'une partie de Hold'em Limit à 30 $-60 $, j'étais en position Under The Gun avec une paire de sept servie. C'est une main avec laquelle, selon la texture du jeu, on peut aussi bien suivre que se coucher ou relancer.
C'est une main avec laquelle je vais suivre si je suis dans un type de partie dans laquelle j'aurai probablement besoin de flopper un brelan pour l'emporter (les probabilités d'y arriver étant de 7-1). Suivre pousse les autres joueurs à suivre et, en effectuant un limp in, je pousse mes adversaires à suivre. En faisant cela, j'augmente mes chances d'avoir de l'action si je floppe un brelan. Bon nombre de ces adversaires qui effectuent un limp in sont susceptibles de suivre après le flop. Cela augmente la valeur implicite de ma main. En ne relançant pas, je maintiens également le prix qu'il faut payer pour participer à la main à un niveau que je peux contrôler. Un faible coût pour participer à la main augmente la probabilité d'obtenir une cote implicite positive. Pour résumer: généralement, quand vous avez besoin d'un brelan pour gagner, il vous faut plusieurs adversaires et un prix d'entrée dans la main assez faible. En revanche, je coucherais une main 7-7 dans une partie serrée avec des adversaires coriaces et agressifs. Je n'ai pas intérêt à effectuer un limp in ou une relance et à devoir faire plusieurs mises pré-flop, en position désvantageuse et contre des adversaires sournois. Les fortes probabilités d'être relancé, sans avoir plus d'adversaires, et le fait que mes décisions seront plus difficiles à prendre, avec une plus grande probabilité d'erreurs, réduisent les cotes implicites de ma main. Enfin, je relance avec une paire servie de sept si la partie se dispute « Short-handed» (moins de 6 joueurs) et dans de nombreuses situations en fin de parole. Les parties « Short-handed » nécessitent d'être plus agressif et le fait d'avoir moins d'adversaires augmente la valeur d'une paire intermédiaire servie. Je peux aussi relancer si j'ai une image intimidante à la table de jeu et que mes adversaires ont tendance à commettre des erreurs en jouant trop serré et en se couchant quand ils devraient suivre. En relançant, je veux que mes adversaires couchent pré-flop des mains qui contiennent deux overcards ou, encore mieux, une paire supérieure à la mienne (ce qui est moins probable). Je me satisfais de prendre les blinds mais, même s'ils suivent, j'ai l'avantage de la position. Bien qu'il soit rare que la texture du jeu ou de la situation permette ce genre de relance précoce, il ne faut pas négliger cette possibilité. La partie dans laquelle j'avais la paire de sept servie était plutôt serrée et passive avec peu de relances pré-flop mais aussi peu de joueurs. Comme dans beaucoup de situations au poker, celle à laquelle je me retrouvais confronté ne tombait pas dans une catégorie bien définie pour prendre ma décision; au lieu de cela, il me fallait mêler certains concepts pour arriver à déterminer la meilleure manière de jouer. La partie étant serrée, restreignant ainsi le volume de jeu, j'avais également moins de probabilités de me faire relancer. C'était aussi une partie au cours de laquelle j'estimais pouvoir bien " lire " mes adversaires, ce qui me permettait de jouer plus large que si j'avais été dans une partie difficile à déchiffrer.
Le pire des scénarios se produisit. Le premier relanceur effectua une quadruple mise et le pot fut cappé par celui qui avait effectué la triple-mise. Laisser 90 $ d'argent mort dans un pot est horrible et j'ai donc, à contrecœur, avancé 50 $ supplémentaires. Avec ma paire de sept, je me suis retrouvé sur un flop avec quatre joueurs pour cinq mises. Argh ! J'étais certain qu'au moins deux de mes adversaires avaient une paire supérieure à la mienne (l'un d'eux avait A-A et l'autre K-K) , ce qui augmentait le risque que mon éventuel brelan soit battu. C'était une situation avec une espérance financière négative, une situation que je n'aimais pas. Et pourtant, chaque décision ponctuelle qui m'avait conduit à me retrouver dans cette situation était une décision correcte au moment où je l'avais prise. Ce n'est pas parce qu'une situation a dégénéré que les décisions prises n'ont pas été les bonnes. Au poker, toute décision se base sur des informations incomplètes. Vous ne pouvez jamais être certain de ce que vos adversaires vont faire; vous ne pouvez que supposer. Aussi, si votre argent se retrouve dans une mauvaise posture, réfléchissez aux décisions que vous avez prises en vous souvenant des informations qui étaient à votre disposition à ce moment-là. Et si ces décisions sont censées, inutile de vous auto-flageller pour vous être retrouvé en si mauvaise posture. Je n'ai rien touché sur le flop, j'ai couché mes sept et j'ai dis au revoir à mes 150 $.
Roy Cooke