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Partie de Poker vous livre les précautions à prendre, à travers les conseils soufflés par les pros, si vous envisagez de démarrer une carrière de joueur professionnel de poker.
8h00 du matin. Le réveil sonne, le loyer à payer, rien dans le frigo, faut prendre le métro, le patron qui déteste les retards... Dur d'aller travailler quand la veille au soir, une paire de Rois vous a rapporté l'équivalent d'un mois de salaire ! Toutefois, faire le choix de devenir un joueur professionnel n'a rien à voir avec le ticket gagnant du loto et sa promesse d'une vie sans contraintes. Si 100% des gagnants ont tenté leur chance, 100% des joueurs ne peuvent pas devenir des professionnels. Vivre des cartes, c'est vivre avec et par les cartes. Aussi, avant tout, il faut avoir de véritables qualités de jeu. Etre doué, comprendre intuitivement le jeu, sont des qualités certes essentielles mais qui ne suffisent pas dans la durée. Il faut donc travailler les statistiques, les relances, les positions, la cote, les tells, la psychologie... Ce travail et ces connaissances en tête vous permettront de vous maîtriser et de ne pas vous enfoncer dans les périodes de pertes. Car elles existent pour tous, même les meilleurs. Seconde " évidence " : il faut aimer jouer. Comme dans toute profession, l'ennui et la lassitude sont les ennemis du bien et du progrès. Il faut bien garder à l'esprit que le jeu est paradoxalement ce qui vous fait vivre. II est donc nécessaire de faire la distinction entre jouer et flamber. En partie d'argent, vous ne gagnez pas des jetons pour jouer davantage, vous gagner de l'argent dont une partie est indispensable pour vivre, l'autre pour continuer à jouer. De cela découle une dernière évidence : si une partie de vos gains est nécessaire pour vivre, c'est qu'il faut vivre. Savoir s'aménager du temps pour jouer et du temps pour le reste. C'est non seulement nécessaire pour votre équilibre personnel et pour préserver votre vie privée, mais cela l'est également pour ne pas trop jouer et mettre en péril votre seule source de revenus. " La vie d'un joueur professionnel peut être comparée à celle d'un athlète de haut niveau qui remet systématiquement son titre en jeu », résume Hervé Pietraru, joueur professionnel depuis plus de 30 ans. Un sportif dont vous êtes en outre le seul coach.
Aussi, avant de vous lancer, comme tout chef d'entreprise, il faut définir une stratégie et un objectif à atteindre et à réévaluer régulièrement. Cette stratégie, c'est le type de jeu que vous choisirez pour atteindre vos objectifs: cash-game ou tournoi? S'il est fréquent que les professionnels jouent à la fois en parties d'argent et en tournois, chacun a néanmoins tendance à se spécialiser dans une " discipline " en fonction de ses qualités de joueur et de ses motivations personnelles. Il se vérifie d'ailleurs souvent que les bons joueurs de tournoi ne font pas toujours de bons résultats en cash-game et réciproquement. Et ce, parce que l'objectif est différent et détermine une façon de jouer qui est tout autre. En tournoi, un joueur s'assoit à table pour une durée indéterminée, avec pour but d'éliminer tous ses adversaires pour se placer dans les premières places. Cela suppose de savoir à la fois gérer son tapis et adapter sa façon de jouer sur la durée (les rush, les moments sans jeu. ..), profiter des moments clés du tournoi (départ, fin de la période de " recave ", dernières tables...) et surtout savoir éviter les pièges, et les tendre avec succès. Un joueur donc être avant tout un excellent technicien, qui plus est très résistant à la pression psychologique. pour être le meilleur parmi les meilleurs.
Ce n'est pas le cas pour le joueur de cash-game dont l'objectif est de gagner une somme indéterminée dans un temps de jeu qu'il est seul à se fixer. A lui d'optimiser ce temps de jeu. Et là, la technique est bien sûr nécessaire, mais la bonne gestion de son tapis et le choix de sa table (le montant et les joueurs) le sont tout autant. S'il est bien sûr préférable de jouer contre des joueurs à priori plus faibles (ou occasionnels), il faut également évaluer les sommes investies sur la table avant d'engager son argent. Puisque l'objectif est d'optimiser son temps de jeu, il est inutile de s'asseoir à une table " mourante" (sur laquelle il y a peu d'argent). D'une part, parce que si vous perdez dès le départ, vous aurez du mal à refaire la perte. D'autre part, parce que les " masses " sont presque aussi importantes que les coups. Un professionnel plutôt spécialisé en cash-game doit être un technicien mais surtout un bon tacticien.
A chaque discipline ses qualités de joueur, mais également ses difficultés. Commençons par les spécialistes du cah-game. Ces joueurs sont généralement des sédentaires qui jouent quasi-quotidiennem pour tenter de dégager un revenu régulier. Aussi la principale difficulté à surmonter, c'est la discipline. Outre le choix de la table, il faut se fixer des règles de conduite auxquelles ne pas déroger. La plupart se fixent une somme quotidienne, un "budget " à ne pas dépasser pour jouer. Certains s'obligent à se lever s'ils perdent cette somme, d'autres s'autorisent à la dépasser si la table est de bonne " qualité " (joueurs novices et un peu flambeurs). Toutefois, il est nécessaire de ne pas entamer son capital sur une seule partie. Demain sera un autre jour ...
Pour se discipliner, certains fixent même un temps de jeu à ne pas dépasser. Cela peut-être une bonne solution pour éviter de faire des fautes dans la mesure où il est très difficile de rester concentré plusieurs heures durant à une table de jeu. Mais c'est une décision difficile à tenir lorsque vous êtes dans une période de rush, car très frustrante. La règle absolue est donc surtout de déterminer le seuil à partir duquel l'argent commence à impacter votre façon de jouer, que ce soit dans la perte ou dans la victoire. En effet, l'envie de se refaire ou la peur de reperdre peuvent vous faire déjouer (mal jouer ou ne pas optimiser un coup). A vous de déterminer ce seuil selon votre expérience et votre profil, cela vous disciplinera et vous permettra de vous lever au bon moment. En dehors de cette règle, peu de conseils seraient valables pour tous les joueurs. A chacun de déterminer ses propres règles en fonction de son caractère et de son " train de vie ". Mais il est certain que ceux qui parviennent à vivre correctement (et même confortablement) du jeu sont ceux qui savent passer l'épreuve difficile de la période de perte grâce à leurs victoires précédentes et au respect des limites qu'ils se sont fixées. Les autres, eux, ne font que survivre.
A priori plus excitante et plus comparable à la vie des sportifs professionnels, la vie des joueurs des tournois internationaux fait davantage rêver les jeunes joueurs. Elle permet en effet de voyager, de s'affronter aux meilleurs joueurs mondiaux, de vivre des émotions fortes et d'espérer remporter un titre international, synonyme de gloire et de fortune. Aussi, de plus en plus d'amateurs souhaitent se lancer dans le circuit professionnel pour devenir la " Poker Star " de demain. Mais revenons sur terre : il est très difficile de vivre des tournois. Certes, contrairement en cash-game (sauf aux high-stakes), le joueur de tournois peut gagner en une fois une somme suffisamment importante pour le préserver des pertes dans la durée. Mais pour pouvoir participer, il faut déjà avancer le montant des frais d'inscription, souvent très élevés dans les tournois les mieux dotés. Selon les calculs du joueur américain Lou Krieger, " pour payer uniquement les frais d'inscription aux principaux tournois, il faut gagner 200.000 dollars par an ". A cela s'ajoutent les frais de transport, d'hébergement, etc... Il faut donc réussir à se positionner régulièrement dans les places payées pour pouvoir assumer ces dépenses. Or, par exemple, dans un évènement WSOP qui rassemble plus de 500 joueurs, si 10% d'entre eux en moyenne sont payés, 81% des gains sont répartis entre les joueurs de la table finale et 50% uniquement entre les 3 premiers. Et parmi eux, on retrouve souvent les meilleurs joueurs mondiaux... Toutefois, la récente médiatisation du poker et la guerre commerciale qui se joue entre les sites Internet de poker profitent actuellement aux plus " doués ". Un joueur de tournoi peut donc espérer trouver un sponsor qui lui financera, entre autres, ses frais d'inscription aux tournois internationaux. Mais avant de tout abandonner pour se lancer dans le circuit international, mieux vaut garder un " plan B " (un travail, par exemple i) et participer aux tournois réguliers organisés dans les cercles de jeux. Cela vous permettra d'acquérir une bonne expérience des tournois et du jeu à moindres frais. Pour financer vos participations dans les tournois internationaux, tentez aussi votre chance sur les sites Internet qui offrent régulièrement des freerolls ou des satellites pour gagner une entrée dans ces tournois à moindre coût. A noter d'ailleurs que si sur Internet vous ne pouvez pas vraiment exercer toutes les techniques du poker (tells, psychologie...), vous pourrez au moins tester votre endurance, car les tournois de qualification peuvent quelquefois rassembler plus de 5 000 joueurs !
Abordons à présent LA question que tout le monde se pose: combien gagne un joueur professionnel? Du côté des joueurs de cash-game, c'est très difficile à estimer. Parce que, pour certains, ils n'en ont aucune idée, et pour les autres, ceux qui notent leurs résultats quotidiens, ils ne dévoilent jamais leurs revenus. Du côté des joueurs de tournois, il est possible de calculer la somme de gains cumulés mais il ne faut pas oublier les frais de participation, les frais annexes, leurs résultats en cash-game, etc. Bref, dans tous les cas, il est impossible de donner un chiffre réaliste. C'est pourquoi il est plus intéressant de savoir combien de joueurs parviennent à vivre du poker de façon durable et confortable. Toujours selon Lou Krieger " seuls 1 0% des joueurs vivent durablement du poker et parviennent à dégager un revenu supérieur à la moyenne des gains déclarés (sur des déclarations orales) par l'ensemble des joueurs ". Ce chiffre reste une estimation mais il est révélateur du fait que peu de joueurs parviennent à gérer véritablement les revenus issus du jeu. La majorité connaît plutôt des hauts et des bas. Aussi, pour ceux qui souhaiteraient faire du poker leur profession, il faut se poser régulièrement cette question simple mais cruciale : suis-je gagnant ?
Par ailleurs, il est important de garder à l'esprit que le poker n'offre pas les mêmes espérances de gains en France ou en Europe qu'à Las Vegas. Jamais aucun tournoi européen n'a été aussi bien doté qu'aux Etats-Unis et jamais aucune table en cercle n'a atteint le niveau des high-stakes de Las Vegas (100.000 $ minimum pour s'asseoir, mais les joueurs se cavent généralement à 200.000 $). D'une part parce qu'il n'y a pas autant de joueurs et d'autre part, parce que le poker n'a pas encore atteint sur notre vieux continent le même niveau de notoriété qu'aux Etats- Unis. Les Américains ont fait du poker un sport national, avec ses stars, ses légendes, ses émissions télévisées... D'ailleurs, les rares joueurs non-Américains connus du public le sont soit parce qu'ils ont fait des résultats dans des tournois internationaux, soit parce qu'ils ont quitté leur pays pour jouer aux Etats-Unis. Personne n'aurait jamais eu connaissance des résultats de l'Australien Joe Hachem s'il n'avait pas remporté le WSOP 2005 et les 7,5 millions de dollars accompagnant le titre. De la même manière, le Français David Benyamine, pourtant vainqueur de l'EPT de Paris en 2003, n'aurait jamais été aussi réputé s'il n'avait pas quitté la France pour Las Vegas et ses parties d'High-Stakes. On peut donc vivre du poker mais la fortune et la célébrité promises à travers les émissions de télé sont loin d'être la norme.