Dans cet article, le joueur professionnel de poker Texas Hold'em No Limit, Daniel Negreanu, nous explique comment exploiter une main d'apparence faible comme 4 - 2 à Coeur.
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Pourquoi vouloir jouer une main comme 4 - 2 à Coeur ? Disons qu'il peut arriver qu'une telle main vous permette de remporter un pot conséquent. Et ce n'est pas une coïncidence si des joueurs comme "The Grinder" Phil Ivey, Erick Lindgren, moi-même et d'autres encore se retrouvent souvent mêlés à des mains importantes avec des petits cartes consécutives assorties.

Le troisième jour du tournoi du ( 1 5 000 $ buy- in World Poker Tour} au Bellagio, je me suis retrouvé engagé dans une telle main. Je me débrouillais plutôt bien dans ce tournoi. J'avais commencé la journée avec plus de 200 000 $ en jetons et j'étais à une table plutôt juteuse. Quand je dis juteuse, je ne veux pas dire qu'il s'y déroulait des actions débridées mais plutôt que mes adversaires jouaient de manière basique, pour la plupart. Avec des blinds à 1 500 $-3 000 $ et un ante, j'ai effectué un limp in en position UTG avec 4 - 2 Coeur. Un joueur très classique sur ma gauche a relancé à 15 000 $. Il était doté d'un beau tapis, j'ai donc suivi sa relance supplémentaire de 1 2 000 $. Le flop ne me souriait pas particulièrement, D Coeur 10 Carreau et 2 Carreau mais il me donnait une paire, un tirage à couleur backdoor et de quoi bluffer puisque sur le tableau les trois cartes étaient de la même couleur et qu'il y avait deux cartes à carreau. J'ai fait parole et mon adversaire a misé 30 000 $. Bien que ce fut une mise assez conséquente, la cote était toujours à plus de 2-1 pour mon argent et il y avait toujours une chance pour que ma petite paire soit la meilleure main si mon adversaire avait A-R. De plus, s'il avait 9-9 ou V-V, il Y avait de bonnes chances pour que je touche deux cartes gratuites au Tournant et à la Rivière. Et même s'il avait une overpair comme A-A ou R-R, il suffisait que je touche un deux ou un quatre pour pouvoir le battre. La carte du Tournant m'aida un peu . C'était un 3 Coeur, ce me donnait un tirage à couleur. J'ai envisagé d'ouvrir, en espérant m'offrir un tirage peu coûteux, mais j'ai estimé qu'il serait mieux de faire parole en espérant que mon adversaire allait faire de même. Si je misais, disons 30 000 $, et que mon adversaire faisait tapis, je perdais 30 000 $ sans pouvoir voir la carte à la Rivière. J'ai donc fait parole et mon adversaire également. J'ignore pourquoi mais la manière dont il a fait parole m'a immédiatement convaincu qu'il avait une overpair. C'est le genre de chose que je ne peux vous enseigner car quelque chose en moi m"a soufflé qu'il me tendait un piège mais qu'il se montrait également prudent avec une overpair. Mais cela n'eut bientôt plus d'importance puisqu'un 2 est tombé à la Rivière. Mais cela restait un élément déterminant pour la mise que j'allais' effectuer. Avec une overpair, je m'attendais à ce qu'il suive une forte mise, alors que s'il avait V-V, 9-9 ou A-R, j'avais peut- être intérêt à effectuer une mise plus petite pour qu'il me suive. J'ai fini par miser 68 000 $. Mon adversaire eut l'air troublé puis il dit: "Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu as touché un deux?" J'étais surpris ! Comment ce type avait-il deviné ? Il devait lire mes articles.
Quoi qu'il en soit, il fut finalement contraint de suivre et j'ai donc pu voir sa main quand il l'a retournée. Paire d'as servie. Oups ! Mon adversaire subissait une cuisante défaite. Pouvait-elle être évitée? C'est une situation dans laquelle mon adversaire a fait une erreur de mise, ce qui m'a permis de remporter le pot. À cet instant du tournoi, un pot avec près de 100 000 $ n'est pas un pot avec lequel il faut se montrer léger, surtout avec un tableau aussi effrayant qui contient un tirage à quinte et deux tirages à couleur. Si mon adversaire avait joué comme il le fallait et qu'il avait fait tapis avec ses deux as, il aurait remporté un joli pot et il m'aurait puni pour avoir joué des consécutives assorties en position désavantageuse. Après avoir eu la chance de remporter cette main, tout s'est bien passé pour moi pendant presque toute cette troisième journée. J'ai augmenté mon tapis à plus de 600 000 $ et je n'ai rencontré que très peu de résistance. Puis la table a été dispersée et les choses se sont gâtées. J'ai perdu deux pots importants après avoir floppé une paire max, puis j'ai perdu quelques pots clefs. Mon objectif était de terminer la troisième journée avec 500 000 $ de jetons. J'en fus loin avec à peine 174 000 $, ce qui me valait la 31e place sur 33 joueurs encore en course. Le pire, c'est que cela ne m'inquiétait pas du tout. Les blinds ne seraient qu'à 6 000 $ -12 000 $, donc je savais que j'avais suffisamment de jetons pour jouer. Si nous avions été dans une structure semblable à celle du WPT Foxwoods, les blinds auraient été plus proches de 20 000 $ - 40 000 $ et ma marge de manœuvre aurait été très limitée. Mais avec la structure lente du Bellagio vous n'avez pas trop à vous concentrer sur vos performances en fonction de la taille du tapis moyen. Cela vous permet de ne vous préoccuper que de vos performances en fonction des blinds et des antes.