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En ce début d'année, un petit bilan s'impose et nous avons voulu revenir sur quelques uns des temps fort de 2007. L'occasion de présenter les "Trophées Européens du Poker " remis en Décembre, mais aussi de saluer quelques uns des joueurs qui nous ont marqué en cette année écoulée - et sur lesquels il faudra compter en 2008.
Le moins que l'on puisse dire de l'année qui vient de s'écouler est qu'elle n'aura pas été de tout repos pour celle et ceux qui suivent l'actualité du poker et, a fortiori, qui sont partie prenante de son développement. Tout au long de l'année se sont heurtés des courants contraires, produisant des chocs dont les secousses se font encore sentir.
Plus que jamais, la situation est paradoxale. D'un côté, la législation en matière de jeu en ligne s'est durcie dans de nombreux pays, à commencer par les États-Unis, où les effets de la loi limitant le jeu en ligne (Unawfull Internet Gambling and Enforcement Act, UIGEA) sont toujours largement perceptibles aujourd'hui. En France, plusieurs tournois majeurs ont été malmenés, sous la pression des autorités. Depuis l'annulation de l'EPT Deauville en février 2007, le principal circuit de poker professionnel européen ne passe plus par la France, tandis que le World Poker Tour s'est retiré de l'hexagone en mai dernier. On se souvient aussi de la descente de police lors du France Poker Tour, des arrestations de responsables de sites de jeu, de la naissance mouvementée de Winamax et, plus récemment, de la fermeture musclée du Cercle Concorde à Paris, un établissement qui avait pourtant obtenu son agrément officiel un an auparavant.
Pourtant - ou " malgré tout " - le développement du poker français est bien une réalité. Affluence record dans les cercles parisiens, à tout moment de la semaine; ouverture réussie du poker dans plusieurs dizaines de casinos français; sur-médiatisation du phénomène, avec pas moins de six magazines en kiosques et une demie-douzaine de rendez-vous télévisés réguliers; sans oublier la vivacité des clubs provinciaux plusieurs centaines de clubs au total, dont la plupart parviennent sans mal à organiser, en toute légalité, des tournois gratuits réunissant plus de 200 personnes. Même constat au plan international. Alors que 2007 aura marqué le démarrage du poker en Chine et à Macao, le succès des gros événements existants ne se dément pas. Le prize pool global proposé sur l'European Poker Toura ainsi plus que doublé en deux ans. L'édition 2007 des World Series Of Poker a également atteint des sommets. " 2007 a été notre meilleure année depuis la création des WSOP ", assurait Jeffrey Pollack lors du Congrès Mondial du Poker. Car si l'événement principal a attiré moins de participants qu'en 2006, les Series ont, globalement, bien enregistré une affluence record: 54 000 participants, pour un prize pool total de 156 millions de dollars. Du jamais vu.
Curieux paradoxe, donc, entre les mouvements chaotiques engendrés par le législateur, et la formidable vague populaire qui porte le poker. Simple loisir pour beaucoup, jeu immoral pour certains, compétition de haut vol pour d'autres, le poker de " nouvelle génération " pourra-t-il enfin se développer " normalement ", comme tant d'autres disciplines intellectuelles ou sportives avant lui? On aime à le croire. Car si le poker est indissociable de la notion d'argent, il est avant tout un plaisir et une passion. Et s'il est légitime de chercher à protéger les plus vulnérables, s'agissant d'ùn jeu potentiellement dangereux, aller à l'encontre de cette vague, c'est prendre le risque de s'opposer à la fois au dynamisme d'une industrie en plein essor et aux envies d'une bonne partie de la jeunesse d'aujourd'hui.
Place aux jeunes joueurs
Car s'il est bien une chose à retenir de l'année 2007, c'est assurément le " coup de jeune " pris par la scène mondiale du poker. Sans surprise, plus de la moitié des 5 000 répondants au sondage organisé récemment par WAM-Poker, Club-Poker, Poker.fr et le Club des Clubs étaient âgés de 18 à 30 ans (et seulement 2 % avaient plus de 50 ans). Le sondage confirme, du reste, que le poker est aujourd'hui un loisir (presque) comme les autres, l'immense majorité des joueurs Internet français consacrant moins de 100 euros par mois au poker.
Le fait est qu'il est désormais banal - et même fréquent - de voir plusieurs joueurs de moins de 25 ans aux tables finales des plus gros tournois mondiaux. On a ainsi vu le Grand Prix de Paris remporté en mai dernier par un jeune canadien de 18 ans, qui disputait là son premier tournoi live, tandis que Annette Obrestad, à 19 ans, s'imposait à Londres dans l'un des plus forts tournois jamais organisé en Europe. Signe des temps, deux des joueurs récompensés cette année par un European Poker Award ont moins de 20 ans. De ce point de vue, il faut également saluer les performances de la Team Winamax, seule équipe française à ce jour. Tous âgés de 22 à 28 ans, les représentants de l'équipe ont su se faire remarquer sur quasiment toutes les étapes de l'European Poker Tour, atteignant régulièrement les tables finales avec, en prime, la victoire de Arnaud Mattern au dernier EPT de l'année, à Prague. Quoi qu'on en pense en haut lieu, le poker de nouvelle génération est bel et bien une réalité - et gagne peu à peu ses lettres de noblesse.
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2008