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Par Phil Hellmuth
J'AI RÉCEMMENT PARTICIPÉ À LA PREMIÈRE JOURNÉE DE L'ARUBA POKER CLASSIC ORGANISÉ PAR ULTIMATEBET.COM. APRÈS UN ENTRAÎNEMENT LE LUNDI SOIR ET APRÈS M'ÊTRE BEAUCOUP CONCENTRÉ JUSTE AVANT DE JOUER, JE ME SENTAIS PRÊT À FRANCHIR CETTE PREMIÈRE JOURNÉE. VOYEZ-VOUS, CES TROIS DERNIÈRES ANNÉES, JE N'AI JAMAIS RÉUSSI À PASSER CE JOUR 1, POUR UNE RAISON OU POUR UNE AUTRE. AU MOINS UNE FOIS, J'AI JUSTE MAL JOUÉ ET CELA M'A VALU D'ÊTRE ÉJECTÉ. IL Y A TROIS ANS, JE ME SUIS SABORDÉ ET J'AI ÉTÉ ÉJECTÉ DU TOURNOI TRÈS RAPIDEMENT. IL Y A DEUX ANS, J'AI PERDU UNE MAIN AVEC UN FLOP K 77 ET MON ADVERSAIRE À SUIVI UN CHECK-RAISE AVEC Q-Q AVANT DE TOUCHER UNE DAME AU TOURNANT POUR M'ÉJECTER. ET L'ANNÉE OERNIÈRE, J'AI JOUÉ DE MALCHANCE ET MON POKER S'ESTAVÉRÉ TRÈS MOYEN.
Cette année cependant, j'étais au sommet de ma forme, ou pas loin, et j'avais décidé de ne pas sous-jouer la moindre de mes mains. J'avais confiance en moi pour me tenir à cette décision. La raison pour laquelle j'avais décidé de ne pas recourir à cette technique est la suivante: c'est beaucoup trop dangereux quand on ne dispute qu'un seul tournoi. Aux World Series of Poker, je peux sous-jouer et, si ça ne marche pas, je peux participer à un autre tournoi le lendemain. Pour l'Aruba, si sous-jouer ne marchait pas, je devais me rabattre sur le plan B : passer le reste de mon temps à la plage. Le plan B n'est pas mal non plus (on est à Aruba, dans les Caraïbes), mais quand je joue dans un tournoi j'essaie d'être un champion. Le problème quand on sous-joue sa main est que, trop souvent, on perd un pot soit en étant battu par un tirage, soit en poussant son adversaire à sur-jouer sa main.
Par exemple, disons que le Joueur A ouvre pour 400 $, vous suivez avec 10-10 et le Joueur B sur-relance avec 8-8. Le Joueur A se couche et vous vous retrouvez dans une position délicate car vous ne savez plus où vous en êtes. Que faites-vous? Il est difficile de relancer encore une fois avec juste 10-10, alors vous suivez mais votre adversaire ne sait pas ce que vous avez et ne sait donc pas qu'il vous bluffe quand le flop est J-3-2. Si vous jouez cette main de manière directe, vous la « délimitez» en quelque sorte. En délimitant votre main, on applique les règles normales d'une main et au moins votre adversaire sait quand il vous bluffe (ou tente de vous bluffer) ce qui vous donne l'occasion de le lire correctement et de déjouer son bluff. Après m'être convaincu d'éviter de sous-jouer, je me suis retrouvé en train de sous-jouer quatre mains... que j'ai toutes perdues. Et ce qui est pire, c'est que je suis persuadé que j'en aurais gagné au moins trois si je les avais jouées normalement. Après m'être retrouvé au plus bas en jetons et m'être vertement réprimandé, j'ai cessé de sous-jouer et j'ai remonté mon tapis jusqu'à environ 15 000 $. Il est plus facile de jouer au poker quand vous le faites en suivant les règles de l'art, c'est certain!
Alors qu'il ne restait qu'une heure à jouer au cours de cette première journée, avec des blinds à 150 $-300 $ et un ante de 25 $, j'ai ouvert pour 950 $ avec K-J dépareillées. Le Joueur A, qui m'a rappelé qu'il avait été à ma table il y a deux ans quand j'avais essuyé le bad beat avec la dame au tournant, a relancé à 2 000 $ à suivre.
J'avais joué deux autres mains contre lui et deux fois de suite il avait eu une paire d'as servie. J'étais certain qu'il n'avait ni as ni rois car son attitude n'était pas la même. En fait, je pensais qu'il avait 9-9 ou Q-Q, ou quelque chose entre les deux. Il n'avait relancé que de 1 050 $, j'ai donc suivi. Le flop s'est ouvert sur J-J-1 0 et il a misé 2 000 $. En moins de trois secondes, je me suis levé et j'ai fait tapis en poussant tous mes jetons dans le pot. Ce groupe de joueurs savait que ce n'était que la deuxième fois que je faisais tapis de toute la journée. Cela coûterait au moins 7 900 $ au Joueur A pour me suivre. J'ai murmuré à un ami qui regardait la partie que le Joueur A avait une paire de dames servie. Puis je me suis rassis pour vendre un peu mieux ma main. J'ai regardé sur ma droite, évitant de croiser le regard du Joueur A pour lui donner l'impression que j'étais faible. Finalement, il a dit: « Je pense que ça risque de faire mal mais je paie ».
Il m'a montré une paire de dames servie et mon ami a dit: « Phil m'a dit qu'il avait des dames ». Puis je lui ai montré K-J et il m'a demandé s'il aurait dû se coucher. J'ai répondu: « Oui. Ce n'est que la seconde fois de toute la journée que je fais tapis. Et c'est moi, je suis réputé pour ne pas faire tapis avec des mains marginales ».
La carte suivante fut un 9, et le Joueur A avait besoin d'un 8 (pour une quinte] ou d'une dame. Les caméras filmaient, la table était entourée par la foule et les autres joueurs écoutaient Matt Savage alors qu'il annonçait: « Et la carte de la rivière est une dame! Phil Hellmuth a perdu un pot de 25 000 $ ».
Un peu plus tard, j'ai fait tapis avec Q-Q contre la main A-7 d'un adversaire. Je me suis fait éjecter quand il a touché son as. J'étais pourtant favori à 90% au flop pour remporter ce pot important. Que pouvais-je faire de plus? (Naturellement, j'aurais pu éviter de sous-jouer dès le début ). Sous-jouer des mains peut s'avérer aussi dangereux que profitable!
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2008